Pourquoi les banques établies ne disparaîtront pas

Yorick Naeff, Head of Innovation at ABN AMRO
Au cours des dernières années, les néobanques ont pris une longueur d’avance en matière de capacités numériques. Libérées de systèmes legacy complexes et d’une dette technologique importante, elles peuvent développer plus rapidement de nouveaux parcours clients et lancer des services innovants.
Mais la technologie seule ne déterminera pas les gagnants de demain. Les fonctionnalités digitales deviennent progressivement un facteur d’hygiène : ce qui est innovant aujourd’hui deviendra demain une attente de base des clients. La différenciation se déplace donc vers d’autres atouts.
Les banques établies disposent d’actifs difficiles à reproduire : des relations clients construites sur de nombreuses années, une expertise approfondie, de riches sources de données et une solide expérience dans les problématiques financières complexes. Cette combinaison gagne encore en valeur, en particulier dans les domaines fondés sur le conseil, comme la banque privée, où la confiance, l’expertise et le sur-mesure sont essentiels.
Comme l’a souligné Joachim Aelvoet lors de la Trends Summer University : « Les moments les plus importants dans la vie d’un client resteront physiques. » Il ne s’agit pas des transactions quotidiennes, mais du financement, de la constitution d’un patrimoine ou de sa transmission à la génération suivante, des situations où l’expertise et la confiance sont déterminantes.
Pour rester compétitives, les banques établies doivent répondre aux mêmes attentes digitales que les meilleures néobanques. Le scénario le plus probable n’est donc pas la victoire d’un modèle sur l’autre, mais une convergence progressive des deux.

À l’occasion de la Trends Summer University, Trends et Trends-Tendances publient une série d’entretiens et d’analyses avec des dirigeants d’entreprise et des experts de premier plan. En tant que partenaire de connaissances, ABN AMRO apporte pour chaque thème un regard complémentaire, fondé sur l’expertise de ses banquiers sectoriels, spécialistes de l’innovation et économistes.